Out of the Box

49 ans cette année, toutes mes dents moins 2 (j’en ai perdu une par enfant)… Je vous rassure je n’ai pas de trou dans la bouche mais de très belles couronnes posées en Australie par le dentiste le plus cher du monde -me semblait il à l’époque, mais c’était avant d’avoir vécu à Singapour, Tokyo et Shanghai où les professions médicales riment avec Lamborghini, Mazzerati et autres marques que je ne connais même pas tellement elles sont confidentielles ! Bref, je continue mon portrait et à la fin je mettrai une photo.Si j’ai bien fait la description, vous devriez me reconnaitre…sinon eh bien c’est que je ne décris pas si bien que ça.

Donc, yeux marrons mais aurais préféré les avoir verts évidemment- j’avais d’ailleurs tenté les lentilles pour impressionner mon entourage il y a quelques 20 ans de cela, c’était sans compter la cicatrice que j’ai dans la cornée qui n’avait de cesse d’aspirer la lentille et rendre mes yeux aussi rouges que si j’avais la mixomatose, ce qui ne rendait pas l’effet escompté. Au lieu de ressembler à Clio Goldsmith, je ressemblais plutôt à quelqu’un qui aurait mis des allumettes dans ses yeux pendant 24 heures…

Rides , oui oui, rides mais pas sur la photo car mon mari les a lissées …

Pour l’extérieur, il n’y a pas plus à dire, enfin si, mais je ne voudrais pas vous lasser.

On va passer au coeur du sujet directement : la couture !

La couture existe pour moi depuis que je suis née (enfin j’exagère un peu quand meme), disons depuis que j’ai 8 ans environ, lorsque ma mère cousait sur sa Bernina (toujours en vie. la Bernina et ma mère ) nos vêtements, les rideaux, les coussins (non non pas les coussins nous n’avions pas de coussin : pas le temps d’avoir des coussins).

Ce que j’enviais ce n’était pas le fait qu’elle sache se servir de la machine, non, ce que j’enviais c’était qu’elle transforme un bout de tissu en un vêtement; ça me paraissait magique et très très compliqué. Alors peu à peu moi aussi je me suis mise à la suivre dans le grenier et à fouiller dans les centaines de mètres de chutes de tissu (échantillons et tissus avec des défauts venant d’une filature ou un truc dans le genre ).

La première chose qui me plaisait était le bruit du ciseau dans les différentes textures de, mais j’avoue que je coupais à l’époque au petit bonheur la chance en posant mes patrons comme cela m’arrangeait, bien loin de me douter qu’il fallait suivre le droit fil. Bien évidemment tout ce que je cousais était tordu mais moi je trouvais que c’était très joli !

J’achetais les patrons Burda et je trouvais qu’il y avait vraiment trop de lignes qui ne servaient à rien, comme les repères de col, la flèche du droit fil, le crans des manches- ce qui quelques fois donnait des manches montées à l’envers, un peu plus compliqué à enfiler quand la ligne de bras part vers l’arrière plutôt que vers l’avant, mais croyez moi cela ne m’empêchait aucunement de porter mes réalisations.

Très vite j’ai voulu devenir couturière (on ne parlait pas encore de stylisme et de modélisme, en tout cas pas à Avignon ), et là refus total de mon père qui me voyait avocate, architecte ou journaliste… c’était bien la peine de tant me mettre les batons dans les roues pour que je finisse par faire de la couture mon métier à 40 ans !

Donc j’ai en effet essayé l’architecture (le prof de math doit encore se rappeler de moi tellement je ne captais rien ), le commerce international, pour finir dans le tourisme en tant que chorégraphe ce qui m’a permis de saison en saison de monter des spectacles et les costumes qui vont avec avec une excellente costumière avec qui aujourd’hui on se voit régulièrement pour refaire le monde en mangeant de la mozzarella et en buvant du rosé poudré (ça c’est un clin d’oeil un peu perso mais j’adore).

Puis j’ai fini par épouser un baroudeur de mari qui m’a fait faire le tour du monde et avec qui nous avons donné naissance à 2 boys, et là, bien sur plus question de lever les jambes au ciel dans un french cancan effréné tous les soirs. Suis alors rentrée dans une période Babycook / chauffeur / cheveux trop longs ou trop courts / chemises amples / kilos en trop, qui a duré assez de temps pour me persuader de retourner à mes premières amours. Rassurez vous je ne vais pas me lancer dans une description détaillée de mes amours, mais bien revenir dans le vif du sujet qu’est la couture.

Arrivés au Japon, après moultes difficultés pour se mettre au japonais et s’habituer aux tremblements de terre incessants (pas violents mais tout de meme en pleine nuit quand ça bouge on ne sait jamais si on doit réveiller les enfants et rester alerte ou si on doit bien confortablement attendre dans son lit que le toit nous tombe sur la tête ), je décidais de me lancer dans le moulage… en japonais : pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué n’est ce pas ? Le moulage c’est du modélisme en 3D c’est à dire que l’on monte les toiles sur un mannequin avant de passer sur un patron papier.

Mon premier jour a été épique vu que j’avais décidé de passer pour jeunette et ai débarquée en pantalon moulant et bottes à talons vertigineux. Vraiment je n’avais nul besoin de ces artifices pour que l’on me remarque, étant donné que j’étais la seule étrangère à Bunka Fashion School !

Je ne vais pas vous raconter par le menu détail mon apprentissage mais sachez juste que j’ai adoré. Ma prof était une femme extraordinaire de 60/65 ans qui était tellement passionnée et passionnante que je n’ai eu de cesse à mon tour de vouloir continuer à transmettre le savoir qu’elle même m’avait transmis.

De là en a découlé Couture Nomad, qui aujourd’hui est une vraie chaîne de transmission de savoir faire. Mon but est donc vous l’aurez deviné d’enseigner la couture sous toutes ses formes et de la rendre tendance, glamour, de la dépoussiérer.

Mon autre but est de donner la chance à des femmes qui ont la passion de la couture de pouvoir la transmettre à leur tour, en leur donnant ainsi une place dans cette société que quelques fois elles n’ont pas.

Et enfin la finalité c’est de créer et partager mes créations avec des élèves et des Nomadettes dans l’ambiance d’une équipe fun avec des projets out of the box.

Out of the box aussi la façon de travailler : chacune a son emploi du temps pour pouvoir gérer les contraintes des enfants/ mari/ course/ ménage/ vacances.L’avenir nous conduit vers des parcours plus atypiques et Couture Nomad est l’exemple qui montre que ça peut fonctionner.

Ok, ok je vous mets ma photo maintenant🙂…

cathy